Le Funambule, écureuil introduit en Guadeloupe

Funambule à cinq raies clairesNoms communs : Funambule à cinq raies claires, Funambule du Nord, Palmiste, Rat palmiste
Ordre : Rongeurs

Famille : Sciuridés

Genre : Funambulus Lesson, 1835

Espèce : F. pennantii Wroughton, 1905
Sous-espèces : non définies avec précision
Statut IUCN : préoccupation mineure

 

MENSURATIONS

Les mensurations des individus introduits en Guadeloupe sont peu documentées, seuls trois individus, ayant été examinés.
Mensurations sur son aire d’origine (d’après Thorington et al. 2012) :
- masse moyenne (adultes) : 103 g pour les femelles (n=41), 95 g pour les mâles (n=66),
- longueur du corps : 155 mm (n=11) pour les femelles, 134 mm (n=9) pour les mâles,
- longueur de la queue : 135 mm pour les femelles (n=10) et les mâles (n=9).

AIRE D'ORIGINE, RÉPARTITION

Répartition (aire d'origine) du Funambule à cinq raies clairesL’aire initiale de F. pennantii couvre le nord et le centre de l’Inde, le Bangladesh, le sud du Népal, une grande partie du Pakistan et l’extrême sud-est de l’Iran. L’espèce a été introduite en Assam, aux îles Andaman (Inde), à Perth (Australie), en Israël et en Guadeloupe (France).

Par le passé, cet animal a été utilisé en tant qu’animal de laboratoire, ce qui a probablement favorisé sa détention en animalerie et son introduction en dehors de son aire de répartition initiale.

En Guadeloupe, un couple d’écureuils, acheté dans une animalerie d’Orlando en Floride, a été mis en cage en 1968 sur l’ilet Feuille, un îlot situé dans le Petit cul-de-sac marin (Karl Petrelluzzi, comm. pers., 2002). L’un d’eux se serait échappé, et l’autre aurait été lâché ce qui a permis à ce couple de fonder une petite population. Ils se sont maintenus en dépit de la présence de chiens, de chats et de rats noirs. Leur présence est toutefois à confirmer aujourd’hui sur cet îlot.

Selon Grégory Petrelluzzi (comm. pers., 2007), quatre individus issus de l’ilet Feuille, ont été mis en cage vers 1975-1977 dans une propriété du morne Fleuri, une colline de la commune des Abymes (située dans l’agglomération de Pointe-À-Pitre au sud-ouest de la Grande-Terre). Ces individus se seraient ensuite échappés pour constituer une population.

En 2007, selon Grégory Petrelluzzi (comm. pers.), des funambules pouvaient être observés, au moins entre le morne Fleuri et le lotissement de Dugazon situé à 500 m au nord-ouest, cette zone englobant les mornes Melon et Audebert. Outre cette zone et le morne Lacroix, ils étaient potentiellement présents sur d’autres collines anthropisées proches, un signalement non confirmé nous ayant été donné pour Chauffours, une zone périurbaine située à 1,5 km au sud du morne Fleuri. Enfin, si l’espèce est réputée absente actuellement du Jardin d’Essai des Abymes situé à 1,5 km au nord-ouest du morne Fleuri, elle y aurait été présente, d’après plusieurs informateurs, il y a une vingtaine d’années.

En mai 2011, plusieurs funambules ont été observés dans les environs du morne Fleuri (à 500 m à l’ouest, Anthony Levesque, comm. pers.), dont une femelle écrasée par un véhicule.
Pour plus de détails, voir l’article de Lorvelec et al. (2007).

MORPHOLOGIE, PELAGE

Le Funambule à cinq raies claires présente un gabarit et un pelage semblables à ceux du Tamia de Sibérie. Le dos, à dominance beige-gris, présente trois bandes brun-foncé, délimitant cinq bandes claires (voir photos), la plus proche du ventre étant peu marquée. La queue est linéaire, dominées par des poils gris, noirs et beiges.

HABITAT

Dans son aire d’origine, globalement soumise à un climat subtropical de mousson, l’espèce est aussi bien adaptée aux forêts sèches et ouvertes qu’aux zones plus arides. Il est fréquent en zones urbaines où il peut être présent en forte densité.
En Guadeloupe, sa répartition n’est pas encore précisément documentée. Seuls sont connues deux habitats situés dans le sud de Grande-Terre, au climat moyennement humide : un jardin arboré autour d’une villa sur l’îlet Feuille et des jardins et collines abondamment végétalisés aux Abymes (voir photos).

COMPORTEMENT, RÉGIME ALIMENTAIRE

Bruyant, grégaire et diurne, il présente un comportement arboricole, mais est très souvent observé au sol. Il trouve abris dans un nid globuleux installé dans un arbre, ou dans les bâtiments. Les funambules sont principalement actifs le matin et le soir, rarement aux heures les plus chaudes de la journée, et inactifs quand il pleut.
En Inde (Jodhpur), leur domaine vital couvre 0,21 ha pour les mâles et 0,15 ha pour les femelles.
Sur son aire d’origine, l’espèce est omnivore et présente un large spectre alimentaire comprenant des graines, tiges de plantes, jeunes écorces, brindilles, bourgeons, feuilles, fleurs mais aussi imagos et larves d’insectes, et oisillons.
En Guadeloupe, des observations ponctuelles montrent qu’il se nourrit de fruits et de graines de certaines essences d’arbres, notamment le Mapou rouge Cordia sebestana, le Raisinier bord-de-mer Coccoloba uvifera et le Flamboyant Delonix regia. Il peut se nourrir de termites en suivant les galeries de ces dernières sur les troncs de Mahoganis (genre Swietenia) (Grégory et Karl Petrelluzzi, comm. pers.).

REPRODUCTION

Au Pakistan, les mâles de F. pennantii sont sexuellement actifs de janvier à octobre, et les femelles gestantes portent en moyenne 3,2 embryons. Dans la zone aride du désert de Thar, à Jodhpur (ouest du Rajasthan, Inde), l’espèce présente deux pics marqués de reproduction, l’un au printemps, l’autre en été pendant la mousson. Dans cette région les portées sont constituées de un à cinq jeunes.
Nous ne disposons actuellement d’aucune donnée sur sa reproduction en Guadeloupe.

PREDATION

En Guadeloupe, aucun rapace n’est susceptible de s’en nourrir. Ses prédateurs potentiels seraient le Chat domestique et, éventuellement le Chien et la Mangouste (espèces introduites).

RISQUES DE SON INTRODUCTION

Il est probable que l’espèce soit encore présente en Guadeloupe même si les données manquent pour l’affirmer avec certitude. Son impact, inconnu pour l’instant, sera étudié dans les secteurs à fort effectif, suite aux résultats de l’enquête de répartition.

 

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