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Gestion de l'Écureuil de Corée

Perception Par le public

Le Tamia de Sibérie est-il perçu par les utilisateurs de la forêt comme une espèce enrichissant la biodiversité, ou comme un compétiteur potentiel à d’autres rongeurs ?
Serait-il souhaitable de le contrôler s’il est à l’origine de perturbations majeures de l’écosystème forestier ou sur le plan de la santé humaine ? Au contraire, doit-on accepter sa présence et ses nuisances ?

Ce sont les principales questions qui ont été posées à 103 personnes au Parc de Sceaux et en Forêt de Sénart au printemps 2007 (travaux de C. Mougne, 2007).

Parmi ces personnes, 66 étaient des promeneurs, 23 des techniciens et agents administratifs, 5 des responsables d’associations, 5 des scientifiques écologues, 2 des propriétaires de tamias et 2 des techniciens d’animaleries.

Les résultats de ces entretiens ont montré que le Tamia est perçu différemment par ces différents groupes de personnes :

  • les scientifiques, gestionnaires et agents du Parc de Sceaux et de la Forêt de Sénart ont une vision négative de l’espèce les amenant à accepter sa gestion si les problèmes qu’elle pose sont avérés ;
  • les promeneurs, les associations n’ont pas une image aussi positive qu’on pouvait l’imaginer, l’Écureuil roux est de loin leur préféré et, si le Tamia nuit à sa présence ou est à l’origine de problèmes en santé humaine, ils seraient favorables à son contrôle ;
  • les propriétaires de tamias sont contre toute intervention, même si des impacts sont avérés. Ils souhaiteraient que les animaux soient capturés et stérilisés… Cette dernière voie, quoi qu’il en soit, est impossible en raison de l’effectif important de certaines populations (plus de 10 000 individus en Forêt de Sénart) et du coût d’une telle opération.

Gestion

Jusqu'à mi juillet 2016, le contrôle des populations de Tamia de Sibérie présentes en France n'était pas une obligation, même si l’impact indirect de cette espèce était avéré : augmentation significative, dans les forêts qu'ils occupent, du nombre de tiques infectées par les bactéries responsables de la maladie de Lyme. Toutefois, depuis le 13 juillet 2016, suite à la parution du Règlement d'exécution (UE) 2016/1141, considérant le Tamia de Sibérie comme étant une espèce exotique envahissante préoccupante au niveau européen, la France et les autres Etats membres de l'Union européenne doivent prendre des mesures de prévention d'introduction et de gestion des populations établies sur leur territoire.

Le contrôle de cette espèce, voire son éradication, nécessite un investissement en temps important et représente ainsi un coût élevé. De tels efforts étaient, jusqu'en  2016, annihilés par le lâcher potentiel de nouveaux individus par des particuliers lassés par leur compagnie. En effet, avant d’intervenir sur le terrain, il convenait d’agir en amont et d’interdire la vente de cet écureuil dans les animaleries (et sur Internet), comme c’est le cas pour toutes les autres espèces d’écureuils, et plus généralement de tous les Sciuridés, sur le territoire français (excepté les animaux issus d'élevages).

Dans la situation actuelle (début 2017), il conviendra d'agir rapidement lorsque des individus seront observés sur un site qui en était jusqu'alors dépourvu, de manière à empêcher l’installation d’une nouvelle population, ceci à moindre effort. En ce sens, les informations apportées par l'enquête de répartition de cette espèce en France seront précieuses. Par ailleurs, les textes d'application du Règlement européen de juillet 2016, en cours de rédaction pour la France (février 2017), préciseront les actions à entreprendre vis-à-vis des populations de Tamia de Sibérie installées sur notre territoire.